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Ciquième Voyage Apprenant du Cycle Grundtvig en France, accueilli par la Maison de la Citoyenneté mondiale de Mulhouse du 5 au 7 décembre 2013


Thème : L’appui aux chômeurs et précaires par les groupes de parole et d’autres activités, aux confins de trois pays : l’Allemagne, la France et la Suisse

La soirée du 5 décembre est consacrée aux présentations : 20 présents,10 hommes,10 femmes. Elle installe les relations entre la délégation d’Européens d’Allemagne, Ecosse, Irlande et Portugal, avec une présence française venue nombreuse, pour découvrir la MCM et participer à l’Assemblée générale du réseau.

Les activités de la MCM
- La citoyenneté, avec les méthodes de l’éducation populaire. Elle est reliée avec le Mouvement des Citoyens du Monde, Ritimo, les P’actes Européens, le Mouvement National des Chômeurs et Précaires.
- Le Vivre ensemble : la diversité n’est pas un handicap. Le soutien fait appel à des méthodes d’entraide concrète : 16 logements gérés, des suivis professionnels, un soutien y compris juridique aux demandeurs d’asile, des débats entre les différentes religions dans lesquels les personnes s’écoutent, des Forums citoyens sur les préjugés.
- Les solidarités transnationales, envers et contre les frontières, avec le Pakistan, le Sénégal, le Maroc, avec des méthodes de don /contre-don.
- L’économie solidaire, circulaire et distributive, avec une monnaie locale le SOL utilisée dans de nombreux d’échanges, avec « le Magasin pour rien » où chacun peut repartir avec 3 objets de son choix sans payer. L’idée a fait tâche d’huile. « Nous ne sommes pas une courroie de transmission des institutions. Elles sont si loin des réalités ! ». Entre précarité subie et investissement pour que ça change, Brigitte Carraz et Roger Winterhalter, fondateurs de la MCM, ont toujours défendu leurs idées. et celle-ci est reconnue et obtient des subventions, des prêts à taux 0 d’Alsace Active, de la DIRECTTE. La durée des expériences a fait la preuve par l’exemple de son utilité sociale. Quand les porteurs de projets se font connaître, Roger va de l’avant et les accompagne avec les idées. Tandis que d’autres y vont pour asseoir l’ensemble des projets. C’est tout un travail pour que cela soit possible. La Table de la Fonderie par exemple est un restaurant à prix variable de 6€ (tarif solidaire) à 10€ (plein tarif) jusqu’à 16€ pour payer des repas solidaires à des personnes ou des familles qui veulent « s’offrir le restaurant ». 40 sont prépayés et ce n’est pas de la charité ! Si la Table de la Fonderie est toujours là, c’est parce qu’une équipe de bénévoles s’est mobilisée pour éviter la fermeture. Un vice-président a négocié avec le tribunal la gestion des dettes. La caution obtenue traduit la confiance entre des acteurs dans l’institution et des citoyens.

Le soutien dans les projets est fondamental. La situation d’emplois sous contrats aidés fragilise. Certains retombent dans la précarité et attendent un nouveau contrat ou une formation pour continuer leur parcours. Dans la situation actuelle, il est important que des personnes soient là pour tenir et pour les soutenir. « On est entré dans la résistance, même si au Portugal c’est pire ! ».
La porteuse du projet « SOS Rhin » récupère des vêtements pour les vendre ou les donner si les services sociaux lui demandent. Son contrat aidé de 5 ans ne peut plus être renouvelé. Elle part, mais comment positiver et transformer son expérience pour elle-même ? Ce n’est le problème ni de Pôle emploi, ni des services sociaux qui n’accordent aucun subside pour faire fonctionner SOS Rhin ! Et sans porteur de projet ou sans équipe pour reprendre, « il faut reconnaître ses limites, ce n’est pas possible », dit Roger.
Khedidja Rieker partage son temps entre bénévolat et emploi aidé. Devenir éducatrice traduit un changement voulu de sa vie personnelle. Après 2 ans de bénévolat à temps plein, « avoir les deux statuts lui a permis de se poser ». Elle a repris une formation avec l’Alliance française et donne des cours de langue à des personnes précaires ou analphabètes de 15 nationalités et coordonne la pièce de théâtre « Tissons des liens » entre acteurs francophones et germanophones. Lors d’un de ses cours, quelqu’un a demandé ce que veut dire « bénévole ». Comment expliquer ? Finalement une femme lui dit : « Ah oui, j’ai compris, c’est travailler gratuitement » !

Comment traduire ses engagements dans son activité ? : Le contrat à durée indéterminée est le rêve d’un degré de reconnaissance ! La MCM n’en a pas les moyens. La dévaluation vient des financeurs qui n’intègrent pas la valeur de cet engagement social et professionnel. Mais il ne faut pas dévaluer le contrat aidé. En Bretagne, produire des poulets pour des agriculteurs subven- tionnés par la PAC, c’est un contrat aidé. Et même si « apparaître comme aidé » est peu considéré, c’est dans ce « plus » d’investissement que chacun trouve la volonté de sa vie personnelle et la meilleure chance de se resituer dans l’activité.
Au Luxembourg, l’entreprise sociale OPE (Objectif Plein Emploi) partenaire du projet PACTES, trop dépendante des financements publics, a du fermer. Résultat : 80 personnes qualifiées ont été licenciées !
En Allemagne, l’état aide peu et favorise le travail temporaire. Dans ses projets, Technet ne cherche pas à construire des emplois avec des contrats aidés, mais comment une entreprise sociale peut survivre dans ce contexte et employer à long terme.
Au Portugal, In Loco emploie plus de 30 salariés. Ils participent aux instances associatives. Il y a un peu de bénévolat. Mais faire du tourisme est très technique. Nous avons réalisé des petits livres mais il faut aller au devant des mairies pour les aider à comprendre. Les bénévoles ne peuvent pas faire ça. Nous n’avons pas trouvé de bonne réponse.
En Grèce, aucune association ne fonctionnerait si elle attendait des subventions. Si les citoyens n’inscrivent pas leurs préoccupations dans le social, par exemple en votant, les mêmes fonctionnements resteront en place. Si les salariés ne tiennent pas compte dans l’organisation et la gestion des moyens du besoin qu’ils ont des bénévoles pour exercer leur fonction, le clivage se maintiendra.
En France, une forme de reconnaissance du statut de bénévole existe, mais utilisé avec quelle déontologie ? Pour s’investir, il faut être un peu solide et les salariés ont peur des bénévoles. Le dialogue, dans l’entreprise, avec les collectivités locales, entre salariés et bénévoles doit avoir lieu.

Exemples :
Thomas Dreyfus dirige Le Chateaubriand: entreprise sociale de restauration collective.Elle sert 100 repas par jour. Elle emploie des travailleurs en chômage de très longue durée, mixe les publics qui viennent manger et met en place une livraison de repas dans les écoles préparés avec des produits frais : rayon 500 mètres, 100% bio.
Hubert Hafner, salarié, a installé La Banque du rêve : « utopies aujourd’hui, réalités demain »sur le site de la MCM. La page web mutualise les initiatives solidaires, écologiques et sociales de la région des 3 frontières et au-delà. Sa philosophie est la réciprocité positive : un partage solidaire des idées, projets, initiatives pour que chacun fasse fructifier ses rêves en montrant comment il s'y est pris pour que ses projets fonctionnent. L’innovation sociale rassemble des projets qui répondent à des besoins sociaux de toute nature, liés aux conditions de travail, à l'apprentissage, la santé, l’économie sociale et solidaire, le développement des communautés; la consommation collaborative avec l’association « Partage ton frigo », solution anti-gaspi astucieuse, via les réseaux sociaux, la mise en place de frigo-collectif ou l’apéro-frigo. On peut l’installer sur smartphone.
Pour déposer un rêve : banquedureve à gmail.com Pour piocher dans les idées des autres avec un moteur de recherche : www.mcm-web.org(external link)
32 104 visites au compteur en décembre 2013
En écho, Bérénice Dondeyne évoque Solidees en Midi-Pyrénées?. La philosophie est très similaire. La mise en relation serait sans doute fructueuse http://www.solidees.org/(external link)
La MCM a partagé la marche des chômeurs : Elle est partie d’Allemagne et a traversé toute la France. Depuis lors, les membres français se rencontrent régulièrement sur le pont de Kiel avec les représentants Allemands de Fribourg qui ont créé le syndicat des chômeurs et précaires (Schwere Loos) et Suisses qui ont créé des coopératives d’emploi à Bâle. Ils se retrouvent aussi pour partager et tisser des liens entre ici et là-bas, avec un appui aux migrants. Il y a des hauts et des bas dans les relations transfrontalières. Cela demande beaucoup d’énergie et surtout des porteurs d’initiatives ! La plus aboutie de nos activités ensemble est la pièce de théâtre à l’initiative de l’Allemagne. Elle a été jouée pour les participants le 7 décembre.
André Barnoin, membre du MNC, présentye les activités des groupes de chômeurs : La MCM a utilisé ses compétences de dessinateur pour établir un cahier de doléances des « cris, paroles et revendications » émanant de 580 chômeurs et précaires. Le dessin est un facilitateur d’expression pour ceux qui ne parlent pas dans les réunions. Il présente, les réponses de l’institution imaginées à ces cris.Tous les mois, les réunions sont annoncées par tractage devant les Pôles Emploi. Les anciens parlent en premier. Ceux qui viennent pour la première fois sont isolés et fragiles. Le groupe de chômeurs part de l’expression du vécu. C’est aussi une Fabrique à projets d’auto-entrepreneurs avec l’appui du Cyber-café.La mère d’Isabelle Maurer, après le succès de sa fille pour son franc parler à la télévision et sur You Tube, à la suite de son intervention chez Michel Pujadas, en face de Jean-François? Coppé lui dit cette chose terrible : « Quand on touche le RSA, on baisse la tête ! ».
Réapprendre le débat pour relever la tête, rendre les résistances efficaces, et gérer de nouveaux systèmes d’action collectifs composites : Les Groupes de chômeurs sont vecteurs de liens avec les institutions, mais ils subissent des coupures de subventions et des contrôles de plus en plus tatillons. Venir est une occasion de parler, d’être écouté. Se connaissant mieux, quand ils se rencontrent dans la rue, ils peuvent se mettre en lien avec la Mutuelle de prêt solidaire, les Restos du cœur, la Table de la fonderie, etc. Le 11 décembre le groupe rencontrait le directeur départemental du Pole Emploi et n’avait pas l’intention de mâcher ses mots ! Des réunions à thèmes sont organisées pour donner des informations utiles ou discuter, en présence d’interlocuteurs concernés. Quand les points de vue s’opposent, comme sur le revenu d’existence, la position de la MCM est d’utiliser la méthode du débat mouvant, en posant une question clivante pour faire évoluer des positions tranchées.
- En écho, Marc Barny, administrateur en Rhône-Alpes? présente Terre de Liens. Ce mouvement national a mis en place deux outils financiers pour collecter l’épargne citoyenne, acheter du foncier et installer des paysans, sur la base de contrats de fermage et d’une production tendant vers le bio. Son développement a été rapide, ce qui n’est pas sans poser des problèmes. La gouvernance interne d’une organisation aussi complexe utilise ces outils du débat pour rester compré- hensible et ne pas perdre les valeurs communes. Lui-même pratique les débats mouvants en piqueniquant dans la rue avec les produits Terre de Liens. (Il informe de l'existence de la Scop Le Pavé : 4 coopératives en réseau « parce qu’il est essentiel et urgent de réhabiliter l’éducation populaire, à la fois comme enjeu d’éducation au politique et de transformation sociale, et comme méthode d’intervention ». Fondamentaux : http://www.scoplepave.org/(external link) )

__La commune d’Ungersheim : « Village en transition » dans le bassin minier. Rencontre avec le maire, Jean-Claude? Mensch (voir le Blog des P'actes, 18 juin 2014)