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Document de travail pour le 4ème Voyage Apprenant, Edinburgh, septembre 2013



Texte court à discuter lors du 4ème Voyage Apprenant, Edinburgh, sept-13

Introduction : Pourquoi ce texte ?
L’idée de ce texte s’est formée en janvier 2013 pour approfondir la compréhension mutuelle de la transition, vécue dans le contexte de l’écovillage de Cloughjordan en Irlande afin d’en tirer des perspectives pour la suite.
La décision de produire ce texte a été prise à la PLIP, à Mestre, en avril 2013.
Sa pertinence a été conçue comme devant être accompagnée
- de la mise à disposition de références sur le fond
- des récits de pratiques concrètes des partenaires et des apprenants engagés dans la démarche.

Pour qui ?
Ce texte a pour premiers destinataires les membres des P’actes Européens et les «apprenants» associés au cycle des voyages apprenants Grundtvig 2012-2014.
Il est également mis à disposition en français et en anglais pour débat compléments sur le framapad ouvert sur le site des P’actes Européens

Organisations, valeurs, stratégies, économie sociale et économie solidaire, pour quelle transition ?


Une analyse partagée du contexte
« Transition » ? En fait, il s’agit d’une transformation radicale et nécessaire des fondamentaux de la vie en société dans un contexte inédit !

D’un bout de la chaîne à l’autre, la globalisation économique et la mondialisation des échanges sociaux posent des problèmes inédits :
Au quotidien, les individus ont perdu la maîtrise des choix qui dirigent leurs existences et ont tendance à se replier sur leurs « egos ». Par choix et par nécessité, ils ont à redécouvrir l’entraide directe et la coopération, avec peu de repères, dans un monde dont les ressources sont limitées.
À l’échelle mondiale, à l’autre bout de la chaîne, les dégâts de la globalisation économique s’accumulent, menacent l’avenir des générations futures et la planète elle-même. Ni les Etats, ni les multinationales ne sont à même de définir et de faire respecter des régulations équilibrées. Et il n’existe pas encore de force indépendante dans la société pour veiller et contrôler le respect de règles communes, démocratiquement validées.
Une conviction : La solution ne viendra pas de la conquête d’un pouvoir qui remplace celui qu’il chasse, mais des capacités de résister pour créer, et de s’unir pour transformer.

Nous avons appris à l’expérience que
Le Local et le Global sont interdépendants, mais les choses se passent dans le local : à la fois très complexes et très concrètes !
Prendre l’initiative de « faire » libère des individus concrets. En reprenant leur vie en mains, ils créent les espaces collectifs nécessaires à leur organisation. Les exemples témoignent dans le monde entier que c’est possible, dans la diversité des cultures, des ressources et des contraintes imposées par les contextes de vie. Ils anticipent des modes d’organisation appropriés aux finalités d’un changement de cap radical, cherchant comme intégrer les interdépendances indispensables et les coexistences possibles.
Prendre le temps de « dire » contribue à la construction de nouveaux savoirs qui préparent l’avenir ; ils accréditent la pertinence de formes d’organisations alternatives au modèle actuel qui veut s’imposer en tant que référence unique ; ils renouvellent - exemples à l’appui - l’imaginaire collectif de ce qui est désirable ; ils augmentent la légitimité des praticiens qui en sont les promoteurs et se construisent comme nouveaux acteurs collectifs.

La voie citoyenne, c’est le dire et le faire, avec la volonté de tenir les deux bouts de la chaîne pour une gouvernance démocratique du social et de l’économique.

Finalité et enjeux
- Finalité : Bien vivre ensemble aux mêmes lieux dans un monde vivable pour tous, est la raison d’être de leur engagement social.
- L’enjeu actuel : « Faire Pacte », c’est réunir les conditions d’un consensus robuste et fédérateur pour agir ensemble, sans tout attendre des institutions.
Les courants de pensée et d’action qui se reconnaissent de l’économie sociale, de l’économie solidaire contribuent à cet objectif avec d’autres, comme ceux du développement local-ou communautaire durable, les mouvements de la transition et plus généralement ceux qui considèrent les coopérations comme la concrétisation de valeurs de solidarité et de citoyenneté pour faire évoluer les systèmes.
- Ensuite, « Faire Pacte », c’est réaliser que l’union fait la force, que le partage fait grandir et que l’organisation fait l’efficacité.

En annexe

Annexes au Texte Court(external link)

1- La grille d’analyse du « pacte local » : elle résulte d’une démarche de mutualisation en constante évolution depuis 1998. C’est la formulation générique d’une organisation territoriale des solidarités qui peut servir pour décrire et rapprocher une variété de formes de partenariats locaux et de coopérations, partageant suffisamment de caractéristiques pour porter des propositions structurantes ensemble.
2- Une même définition du « territoire » obtenue dans le cadre d’un forum internet international en 2009 engagé dans le prolongement de la rencontre LUX’09.
3- Du local au global: construisons l'Europe: Les objectifs et la stratégie de « pactes territoriaux, locaux et régionaux », annoncés lors du lancement des P’actes Européens à Bruxelles, novembre 2010, Comité des Régions européennes.
4 - La synthèse de l’étape n°1 du Forum internet de préparation de la 5°Rencontre Manila’13 (Atelier : ESS et Territoires »)



Document de travail pour la réunion à la PLIP du 9 avril 2013, 3°Voyage Apprenant du cycle Grundtvig


Janvier 2013 : L’écovillage de Cloughjordan, (Région Nord Tipperary, en Irlande) était le second Voyage Apprenant du cycle Grundtvig. Ce projet communautaire de transition est engagé depuis 4 ans. Il est porté par des valeurs de solidarité et de résilience. Il cohabite dans le village avec des communautés catholique, protestante et méthodiste. «Nous manquons d’expériences vécues de Transition. Nous l'expérimentons avec une réflexion partagée, des valeurs communes et des activités concrètes dans le milieu local » ont dit les promoteurs.
« Faire société, c’est ce qui nous réunit ici » ont dit les participants d’Europe : la rencontre avec les autres et leurs projets. C’est là que nous construisons la communauté dans le sens où nous voulons aller ».

Les participants ont décidé de poursuivre leurs échanges.

CADRAGE DANS LE CONTEXTE DU PARTENARIAT GRUNDTVIG
(et/ou en dehors)

Quelle organisation, quelles valeurs, quelles stratégies pour la transition ? Comment définir et concrétiser cette perspective dans le cadre de la communauté de pratiques que nous formons pour les 18 mois à venir ?

Le projet Grundtvig des P’actes Européens crée une opportunité de travailler ensemble sur cette question. C’est une suggestion d’Alan Kay, faite à Cloughjordan en janvier 2013. Il part du constat que bien des aspects de ce que nous discutons, autour de l’économie solidaire, ressemble à ce qui est écrit dans la charte du réseau COMMACT et pourrait nous servir pour aller de l’avant …

Des facteurs favorables pour faire progresser cette réflexion :
Certains d’entre nous se connaissent depuis assez longtemps. Nos repères pour nous comprendre convergent sur un point fondamental_ : la dimension économique de la solidarité se base sur une organisation locale centrée sur les personnes : people centered development, community development, self-hep, empowerment, neighbourhood economy, économie sociale locale, ancrage territorial de l’économie solidaire, développement local durable...
Un autre facteur favorable est la participation d’Ollie dans le partenariat PACTES. Elle ouvre une perspective de croisement avec les approches de la transition et de la résilience portées dans le cadre d’un modèle d’action holistique d’écovillage . Ce n’est pas rien dans le paysage d’acteurs et de réseaux dans lequel nous évoluons les uns et les autres : dans le plupart des cas, le territoire reste une variable parmi d’autres de « localisation » des initiatives, et non pas comme nous le pensons, au fondement de l’action elle-même.

Plusieurs d’entre nous sont aujourd’hui associés au RIPESS : d’une part en Europe (P’actes Européens, URGENCI dont Ollie et David sont membres), d’autre part via COMMACT dans la dimension internationale (son président David Thomson (Australie) siège au conseil d’administration du RIPESS international et que CBS Network (Ecosse) est le relais de COMMACT pour l’UK (historique). Ce rapprochement auquel le réseau Euronetz a largement contribué a créé ces dernières années diverses opportunités de se retrouver (Liverpool, Berlin, LUX’09, Tokyo, Kuala Lumpur ; Kochi pour Yvon Poirier,etc).
Ces relations « asiatiques » s’inscrivent aussi dans le prolongement direct de LUX’09_ (4ème Rencontre du RIPESS en avril 2009). Les P’actes Européens ont animé un atelier « Participation démocratique et ancrage territorial d’une économie plus solidaire » qui a été préparé avec la méthode des Voyages Apprenants. Ben Quinonès (de longue date dans le réseau de la FPH) et Denison Jayasooria, organisateurs de la 5° Rencontre à Manille en octobre 2013 ont participé au sixième et dernier Voyage, accueilli dans l’Aude en amont de LUX’09.Compte-rendu eu Voyage Apprenant(external link)
Ensemble, ils ont acté, lors de l’Atelier, la poursuite d’un chantier pour faire progresser l’approche territoriale de l’économie solidaire, comme un jalon vers Manille (octobre 2013)
Conclusions de l’Atelier(external link)
Conclusions Denison Jayasooria(external link)
Programme 5°rencontre Manille:Manille FR(external link) Manille EN(external link)

LA QUESTION OUVERTE À CLOUGHJORDAN MONTRE L’IMPORTANCE DE BIEN SE COMPRENDRE POUR PORTER DES PROPOSITIONS ENSEMBLE
Certains termes sont fondamentaux pour définir les formes d’organisation de la vie au quotidien dans les sociétés locales. Leurs significations diffèrent selon les langues, les cultures et les contextes. La notion de communauté en français n’est pas synonyme de community en anglais. Dès que l’on cherche à qualifier ces notions, on se trouve renvoyé à un halo de notions, de concepts qui ne sont pas équivalents, et parfois franchement différents, comme le montre bien le travail d’inventaire d’Yvon Poirier Concepts- ESS- Anglais(external link) .Chaque terme ouvre la porte à toute une chaîne de significations, de pratiques associées et de réseaux, voire de mouvements sociaux qui restent disjoints les uns des autres car ils se méconnaissent mutuellement. La mondialisation des solidarités reste à construire !!! Fiche Notion : Community/Communauté(external link)

Si la question n’est pas nouvelle, le contexte est inédit :
Le pic pétrolier est dépassé (sans qu’on en prenne toute la mesure), « la crise cardiaque du système » a été évitée de justesse, mais elle n’est pas traitée, donc elle se reproduira. C’est le constat initial sur lequel l’initiative de Cloughjordan se fonde pour se projeter dans l’avenir Growth:The Celtic Cancer, 2004Why the global economy damages our health and society(external link) . C’est le point de vue que porte une nouvelle mouvance, autour des notions de résilience et de transition, avec de plus en plus de pratiques associées dans le monde entier. Elles sont en partie reliées avec les approches et mouvements de l’économie solidaire. Fiche Notion :Transition FR/ENG (external link)

Quelle place faire aux chartes et aux notions dans notre réflexion ? Alan propose celle de COMMACT. L’histoire récente montre que les chartes sont nombreuses. Les praticiens ont construit des réponses, les chercheurs des visions et des concepts. La recherche de l’impossible « bonne définition » qui mettrait tout le monde d’accord a consommé beaucoup de temps et de passion. Les porteurs de ces courants de pensée et d’action – émergents et concomitants – ne se connaissaient pas. Dans les faits, les interactions sont passées par des personnes déterminées, qui ont construit des réseaux sociaux en même temps que les usages terminologiques des notions se précisaient. Les rapprochements pour transformer leurs apports complémentaires dans une stratégie d’action partagée et coordonnée a suivi différentes voies dont l’histoire n’est pas encore écrite.
Quelques Chartes pertinentes : Commact-FR(external link) RIPESS International- FR(external link) Quelle compréhension des choses nous réunit suffisamment pour réfléchir cette transition en termes de valeurs communes et de stratégie dans « la communauté de pratiques » que nous cherchons à former actuellement ? Le sens des mots est une chose, mais les similitudes dans les pratiques en sont une autre. Apprendre les uns des autres, comme nous le faisons, apporte une force de conviction et de démultiplication puissante pour dégager des perspectives. La diversité requiert du temps et de la patience, pour se comprendre. Mais elle est un principe fondateur de toute véritable transformation sociale.

Ce qui nous ramène à la pertinence de notre questionnement : le local et global sont indissociables, mais c’est dans le local que les problèmes se posent et c’est dans le local qu’ils peuvent trouver des réponses appropriées. Aborder les choses directement entre praticiens et théoriciens, sur une base horizontale de réflexion, n’est pas encore usuel. Nous sommes en train de le vivre … et d’autres aussi, fort heureusement !!! tous en recherche de convergences !

PROPOSITION

Le point de départ pourrait être : l’expertise issue des pratiques des uns et les autres, la traçabilité des expériences (de 10 à 30 ans) et la volonté d’en faire quelque chose, ici et maintenant. Comment contribuer à mettre le cap vers une transition ? Il est déjà certain dans le cadre de ce cycle de mutualisation, que les résultats formeront plus que la somme de fiches outils et de méthodes reproductibles. Ils peuvent former un ensemble qui a une cohérence (même avec des désaccords) sur laquelle nous pourrions mettre des mots.
Quels principes essentiels fabriquent aujourd’hui « des communautés de pratiques » qui croisent
- les résultats de ce qui se passe aux mêmes lieux d’une part
- les relations « hors sol » de praticiens qui mettent ensemble leurs facultés contributives quand ils se rencontrent pour apprendre les uns des autres d’autre part.
Quelles notions clé approfondir pour mettre en forme une stratégie commune ?
- Communauté/Community /Communauté de pratiques/ Quelles formes d’entreprises;
- Approches du territoire / Circuits courts/ Participation démocratique/Dispositifs et politiques publiques locales/gouvernance multi-niveaux ;
- Prospective/transition / résilience ; Pour aller où ?
Comment organiser notre réflexion ? dans quels calendriers valoriser et diffuser des résultats ?

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